Après l’introduction par le modérateur, Me. Sawi et le mot de circonstance d’Elvis Katsana, coordonnateur zone Est de la communauté Habari RDC ; Emmanuela Vasiga prend la parole en se posant une série des questions : « est-ce que la femme est un etre faible ? Ce sont les femmes seules qui sont violées ? » Voulant argumenter son point de vue, Emmanuela pense que, « mêmes les hommes sont violés par les femmes, mais ils ne dénoncent pas, par crainte de l’opinion publique qui ne prendra pas ses revendications en compte ».
A ce qui concerne la faiblesse de la femme, elle estime, « que les femmes ne se considerent pas comme des êtres faibles, mais elles doivent lutter pour être fortes ». Car elle a toujours observé des licenciés femmes qui passent des journées en suivant des films (séries) au lieu de suivre ce qui peut les aider à renforcer leurs capacités pour bien mener leur lutter d’égalité entre homme et femme. « On ne peut pas etre fort avec rien dans la tête », conclut Emmanuela, cette femme mariée respectueuse de son mari et travailleuse dans une ONG.
Changement des mentalités
« On ne peut pas demander quelque chose et son contraire », pense Emmanuela. Lorsqu’on leur demande de faire quelque chose, elles disent toujours, « je ne peux pas faire ça car je suis femmes ». Pour elle, cette façon de voir les choses met malheureusement la femme en position de faiblesse. Par contre pour Julien Namugabo, « ce sont les hommes qui doivent changer leurs mentalités ». Car selon lui, « dans nos communautés la femme occupe une position déplorable, lorsqu’on la considère, malgré ses capacités comme responsable des tâches ménagères ».
Cette considération sous-estimée de la femme s’élargit lorsque la femme exprime son besoin sexuel, « dans nos communautés, on l’appelle pute, comme si, ce n’est pas son droit », regrette Laetitia Ntumba, responsable terrain d’ Amour Afrique.
Difficultés d’égalité entre homme et femme
La vingtaine des jeunes participants à cette conférence débat ont longuement discutée sur les pesanteurs qui pèsent encore sur l’effectivité de l’égalité entre homme et femme dans nos communautés.
Ce qui met encore la femme en position de faiblesse, « la fixation de la dot » ; où la femme est considérée comme une marchandise par sa propre famille. Pour eviter cette pratique de dot très exorbitante, les jeunes proposent que le prix de la dot soit unique sur toute l’étendue du territoire congolais. Ce qui est difficile à appliquer suite aux contingences coutumières differentes.
Pour Elvis Katsana, la campagne sur la masculinité positive à Goma est une réussite totale, vu la qualité du débat et de l’intérêt qu’ont accordé les jeunes à cette thématique. Il dévoile tout de même que, à la fin de la campagne, les grandes recommandations seront transmises aux acteurs clés de la société civile et aux décideurs, afin qu’ils s’imprègnent de la gravité du déséquilibre observé entre homme et femme dans nos communautés, pour prendre de bonnes décision.
Ce qui a encore rendu cette conférence très intéressante c’est l’étape d’échange des expériences. Un des participants témoigne pour respecter l’égalité entre lui et sa femme, il laisse la liberté à sa femme de converser avec ses ex-hommes. D’ailleurs ajoute le concerné « un jour lorsque ma famille était allée en vacance, ma femme m’avait montré la photo en direct lorsqu’un de ses ex était à ses côtés ». Ce dernier raconte tout de même que, « malgré cette liberté, je surveille d’une manière surprenante ».
Pour arriver à ce niveau la seule chose dont il faut développée c’est la confiance entre les conjoints, la quelle confiance n’est pas un fait du hasard.
Cosmas Mungazi