Goma: Les mouvements citoyens : « chance ou malédiction », pour les élections en RDC?

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Deux mouvements citoyens réclament à risques et péril l’application des principes démocratiques dans la gestion de la cité Congolaise. C’est ainsi que, plusieurs membres de la LUCHA et FILIMBI sont  emprisonnés à travers le pays. Curieusement, ils ne lâchent. Dans un café de presse, tenu à Goma, les intervenants ont discuté si les mouvements citoyens constituent une chance ou une malédiction pour les élections en RDC ?

A Goma, chef lieu de la province du Nord-Kivu, le collectif des radios et télévisions communautaires (CORACON), avec le financement d’InterNews (Organisation Américaine pro démocratie) a organisé un café de presse, en mi-juin dernier dans lequel, les trois intervenants, de tendances différentes ont édifié les journalistes sur l’importance des mouvements citoyens pendant cette période préélectorale en RD Congo.

Comme dans une émission débat, Jacques Vagheni, modérateur de la cérémonie, responsable du CORACON et directeur de la Radio communautaire Taina distribue équitablement la parole. D’abord à Me Jimmy Nziali, acteur politique de la majorité, qui définit et donne selon lui, les caractéristiques du mouvement citoyen. Pour lui, la lutte des mouvements citoyens ne doit pas être confondue à celle des partis politiques, mais doit être fondée sur la promotion des idées forces de la Nation dont la « révolution à la modernité ». Il demande aux mouvements citoyens de sensibiliser les gens sur les matières électorales, de parler des rôles des animateurs des institutions étatiques, d’expliquer le peuple les lois du pays, etc.

Avis non partagé par Paul Kamabu, acteur politique de l’opposition, qui pense par contre  que, le mouvement citoyen,  c’est « la citoyenneté responsable »,  où tout le monde a droit de parler sur la gestion de son pays. Pour lui, son prédécesseur est jaloux des relations des mouvements citoyens.  Parce que  Me Jimmy  a fait des remarques à la LUCHA,  qu’il manque la neutralité dans leurs actions, qu’il est instrumentalisé par l’étranger et autres. Prenant l’exemple de Fred Bahuma et de Rebecca Kavuho tous,  arrêtés par les instances judiciaires du pays, aussitôt libérés, ils sont partis directement aux USA, le premier sera reçu par le congre des états unis, la deuxième recevra un prix mondial  de la femme  courageuse.

Point de vu contraire

« La majorité n’a pas besoin d’organiser les élections, c’est pourquoi les membres des  mouvements citoyens sont souvent emprisonnés », déclare Paul Kamabu.  Et pourtant ajoute-il,  la LUCHA est une opportunité et non un danger pour les élections.  Contrairement à Me Jimmy, le mouvement citoyen a comme mission de : ramener le pouvoir à l’ordre social et  de mobiliser les populations dans la citoyenneté  responsable. Selon le Docteur Dady Saleh, analyste politique  neutre, la question des mouvements citoyens est  importante. Dans le contexte actuel,  les élections  sont des valeurs pour une société démocratique que les citoyens se trouvant dans une cité doivent réclamer. Pour lui, la  LUCHA mène plusieurs actions aux profits de la population, non seulement la mise en place de la démocratie.           Si la LUCHA arrive à  hausser le ton,  explique  Dady Saleh, c’est parce que,  la jeunesse n’a pas son compte dans tout ce qui se fait, dans ce sens,  il ne vise  que le changement.

Par ailleurs estime Dady Saleh,  les mouvements citoyens  naissent suite à l’échec de la société civile, le cas le plus frappant est celui de  Lukwebo, alors membre de la société civile, aujourd’hui, parmi les ministres  influents du régime.

Pour Jimmy, ces  mouvements  sont actuellement traqués, car ils ne sont pas en ordre avec l’Etat, surtout qu’ils ne sont pas structurés et sont financés par l’étranger. Si c’est pour le financement, indique un journaliste, « personne n’est échappée, même le gouvernement national  est financé par l’étranger ».

Un autre journaliste  pense que, si les mouvements citoyens prennent de l’ampleur, c’est  parce que, les médias ont failli à leurs missions. C’est pourquoi Evelyne Luyelo, troisième intervenante,  interpelle  les  journalistes de respecter les règles de déontologie  pour  ne pas se confondre aux activistes de peur de tomber dans  toutes sortes des délits de presse.  

Flambeau de l’Est

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