A Goma: les kidnappeurs, votre voisin

Plus d’une centaine de cas de kidnapping ont été enregistrés à Goma, depuis Janvier 2017. Plusieurs personnes ont été tuées avec un accent particulier sur les enfants, dont leurs familles n’ont pas transféré la rançon. Les services de renseignement, de la police, des entreprises de télécommunication et de la justice sont mis en cause, malgré leurs efforts pour éradiquer le phénomène.

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La ville de Goma a été la capitale du kidnapping au courant de cette année 2017. Enregistrant en elle seule, de Janvier en Aout, plus de 158 cas de kidnapping. Situation reconnue par Vanessa Kilanji, présidente du parlement d’enfants qui se plaignait un jour devant la presse que, « Nos services de monitoring ont documenté treize (13) cas d’enfants kidnappés dont trois (3) seulement récupérés ». Ce qui inquiète ce que, bon nombre des présumés kidnappeurs sont voisins aux familles victimes.

Jérémie Kiongozi, l’enfant kidnappé, en juillet dernier,  dont son corps sans vie avait été retrouvé dans le quartier Kyeshero aurait reconnu son bourreau, c’est pourquoi on l’aurait méchamment égorgé. La révélation avait été faite pendant les discussions téléphoniques avec sa famille, disant en pleurant que, « nous sommes ici avec tonton photographe ». Dès lors, ce dossier a eu des traces pour en fin être saisie par la justice.

Dans le quartier Ndosho, sur l’avenue Kalima no 219, non loin du Centre de Santé, « HEBRON », fils d’un enseignant de l’école primaire avait été retrouvé mort. Pour les jeunes de ce quartier, c’est la voisine au pauvre enseignant qui serait derrière la disparation mortelle de cet enfant. Frustrés, ces jeunes se sont soulevés contre cette présumée kidnappeuse tout en voulant incendier sa maison. Heureusement, « la police s’était interposée pour éviter le pure ». La chance pour cette femme qui était à sa troisième fois d’accusation sur le même fait de kidnapping a définitivement quitté le quartier. Vendeuse de haricots à Birere, (quartier commercial de Goma), se trouverait  libre, nous renseigne une source indépendante.

 

L’hypothèse se confirme de plus en plus

« Les kidnappeurs ne maltraiteront pas les enfants, suivez seulement tout ce qu’ils vous diront », conseille maman Moseka, voisine du pasteur David de l’église Assemblée Chrétienne d’Evangélisation pour le Salut des Ames et la Délivrance des Nations. Père de l’enfant Manassé, 4 ans, kidnappés, le 04 Juillet dernier, lorsqu’il jouait avec ses amis à 14 Heures précises sur l’avenue de la Conférence, No 339, dans le quartier Kyeshero. Confiant à sa voisine, le Pasteur versera ce jour, la ration journalière de son fils 190$ ; en attendant de se prêter 3 000$ de rançon principale.

 

Selon le pasteur, après un jour de recherche de son fils, très tôt matin, une fille dénommée « Déborah», fille de sa voisine viendra le voir à la maison. Le mobile de sa visite, c’est vouloir aider la famille  victime à retrouver leur fils. Bonne chose pour le pasteur David. Subitement, cette courageuse fille lui demande son  numéro téléphonique.

 

Une fois de retour, dans les minutes qui suivent le pasteur reçoit des appels traumatisants des kidnappeurs qui bouleversent sa psychologie. Malheureusement  Deborah viendra avec la réponse, « pasteur, je n’ai plus vu les kidnappeurs », dès lors plane le doute dans la famille du pasteur. Un jour après, Déborah sera perçue par les amis du pasteur à la station service Simba, elle voulait quitter la ville. Ses parents lui auraient demandé de partir car elle serait arrêtée, au cas où l’enfant ne serait pas retrouvé.

 

Sous le soulèvement populaire, toute la famille de Deborah sera arrêtée et l’enfant fut retrouvé, un jour très tôt matin. Fiston Kashogwe, sociologue de formation indique que, « certains voisins  ne viennent pas compatir avec la famille victime, mais, pour chercher les informations, de l’évolution de la collecte des fonds qu’ils  partagent avec leurs patrons, « kidnappeurs ».

 

Des services mis en cause

Les services de sécurité, des téléphonies cellulaires, de la police et de la justice sont mis en cause par la société civile. Enfonçant le clou les services  de sécurité, Me Jean Paul Lumbulumbu, avocat au barreau de Goma qui plaide toujours prodeo pour les familles vulnérables déclare dans un media de la place  que, « c’est le kidnapping trop médiatisé, qui trouve souvent des solutions.» Par contre, la police et les services judiciaires ne croisent pas les bras, déclarait Awashango Umia Vital, alors le responsable de la police en province.  Selon lui, la police a déjà mis la main sur plus d’un réseau de kidnappeurs.

 

Mercredi 7 Juin, le tribunal de paix de Nyiragongo a prononcé le verdict dans le procès de huit femmes accusées d’enlèvements d’enfants. La peine la plus lourde est de deux ans de prison, qui a été prononcé contre Tchibalonza Jeanine. Fautes de preuves suffisantes, trois autres prévenus ont été acquittés. Les familles victimes critiquent ces décisions car la sanction n’est pas proportionnelle à la faute.

 

Néanmoins, Dalton Ndabara, (motard de son état), Dunia Ndabara, (chauffeur de taxis bus), et Delphin Safari (écolier), kidnappeurs de l’enfant Roland Akonkwa, cinq ans,  ont été arrêtés par la police et  condamnés par le tribunal de Grande instance de Goma en jurisprudence, en procédure de fragrance à des peines lourdes de 20 ans de prison ferme, avec arrestation immédiate et paiement de 10 000 dollars chacun. C’est la première condamnation, saluée par  la population depuis le début du phénomène kidnapping  à Goma. Sur le banc de jugement, les ravisseurs de l’enfant Roland, qui menaçaient l’égorger ont reconnus être voisins à la famille victime à la quelle ils exigeaient une rançon de 4 000$. Un autre service mis en cause c’est l’entreprise des télécommunications Air tell, à travers laquelle les kidnappeurs  effectuent toutes leurs transactions, sans être inquiétés.

 

Dans  un atelier organisé par la MONUSCO, 21/ 10, les participants ont  proposé une série des recommandations pour trouver une solution durable au phénomène kidnapping. Qu’une loi spécifique en  la matière soit votée et mis en place,  comme il a été fait dans les violences sexuelles. Mais aussi que, le Nyumba-Kumi, (les chefs d’avenues) se renseignent sur les gens qui viennent s’installer dans leurs entités et que toute personne dénonce les ravisseurs car le kidnapping  nous concerne tous.

                                                                                                                                                           Cosmas Mungazi                                                                                                                                                        Prosper Munda

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