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Inquiétantes violations des principes de communication de l’OMS dans la riposte de Covid-19 en R.D.Congo.

A Goma comme partout ailleurs en R.D.Congo, les écoles et les universités ont été fermées pendant plus deux mois (du 18 décembre 2020 au 22 février 2021). Cette décision a été prise par le Président de la République, apparemment trompé par les équipes de riposte de Covid-19, chapeautée par le professeur Dr. Muyembe disant que la propagation de l’épidémie serait très contagieuse dans les salles de classe que dans les églises, les bistros, les marchés et dans les cérémonies de mariage qui se font en toute quiétude à travers les pays.
Dans cette communication stratégique et opérationnelle des équipes de riposte est caractérisée par plusieurs contradictions, qui ont violé visiblement les principes de communication de l’OMS pendant les flambées des maladies.

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Répondant à la question d’un journaliste de la radio Okapi à Kinshasa, le 08 février 2021, celle de savoir : « pourquoi vous fermez les écoles et les universités en laissant les barres, les marchés, le transport en commun fonctionner normalement ? Au Ministre National de la Santé Publique, Eteni Longondo de dire, hors sujet : « qu’il n’y aura pas d’année blanche. Les cours vont reprendre très incessamment lorsque la courbe va baisser. »

A Goma, un médecin travaillant à la Division Provinciale du Nord-Kivu, bien que reconnaissant l’inquiétante situation sanitaire en province, il confirme tout de même que « aucune université, ou école n’a enregistré un seul cas confirmé de la maladie à coronavirus. Invité dans une conférence scientifique pour parler de l’évolution de la maladie à coronavirus en province, un autre médecin toujours de la division de la santé, indique dans son exposé que, « les couches les plus vulnérables de covid-19 sont les personnes âgées et les gens qui souffrent des maladies respiratoires.

Un peu fâché un participant lui demande « Et pourquoi alors fermer les écoles et les universités pendant que les écoliers, les élèves et les étudiants ne sont pas concernés ? » Les jeunes ont un comportement belliqueux qui les expose car difficiles à contrôler, répond sans convaincre, un membre de la riposte travaillant au gouvernorat de province.
Cette réponse ne convainc pas parce que les enseignants disent si dans les écoles et universités il n’y a pas de discipline que dire des barres et des églises où les preneurs de bières et les prêcheurs se moquent des mesures barrières en disant que, « le coronavirus a peur de l’alcool. »

Pour eux, les gens ivres du Saint-Esprit et de l’alcool, agissent par inconscience ne parvenant plus à se contrôler, mais qui ne constitue malheureusement pas un danger de propagation à Covid-19 pour Dr. Muyembe. Pour les analystes scientifiques, ces décisions sont obscures, opaques et violent le principe de transparence de la communication sur les risques de l’OMS. Cette situation d’opacité de décisions des autorités de riposte conduit petit à petit au manque de confiance par la population qui risque de se révolter un jour.

D’ailleurs une manifestions violente se projette pour réclamer la démission du Dr. Muyembe à la tête de la riposte pour ses décisions parfois infondées qui ne tiennent pas compte du contexte des milieux.
On peut lire sur ce site: https://jonctiononline.net/2021/02/17/goma-peparation-dune-grandiose-manifestation-pour-exiger-la-demission-du-dr-muyembe/

Des principes de communication de l’OMS violés
La première violation et confusion commise par les autorités sanitaires en RDC est celle de penser vouloir mener une riposte épidémiologique ne tenant pas compte de la participation des communautés locales en mettant toute l’importance à un seul pilier : « surveillance épidémiologique ». Oubliant que la lutte contre toute épidémie est multisectorielle, multi disciplinaire, basée sur une communication active et vivante pour arriver à l’engagement communautaire des populations.

A Goma comme à Kinshasa, le moyen de communication le plus utilisé dans cette riposte de Covid-19 c’est la radio, qui pourtant constitue une communication à sens unique, proscrite pendant toute lutte contre les flambées des maladies. Ce type de communication viole le principe de l’écoute, de l’interactivité et met en mal la confiance qui pourrait exister pourtant entre les communautés qui ne croient plus aux actions des équipes de riposte, malgré la dangerosité de la maladie.

Plus de de confiance aux équipes de riposte

La riposte de Covid-19 est également accusée d’une opacité sans précèdent dans la gestion des ressources, surtout les ressources financières. Tout est centré à Kinshasa déclinées en provinces leurs subordonnées ; les divisions de santé qui parfois se jettent la responsabilité de la gestion des fonds au gouvernorat de province.
Au Nord-Kivu par exemple, la division de la santé renvoie la responsabilité de la gestion à l’autorité provinciale, qui selon ses services, c’est le ministère de la santé qui doit le faire, à qui de son tour estime que la division de la santé est mieux placée car c’est le seul service technique en province, qui d’ailleurs gère la riposte. Ce qui est connu de tous les nordkivuciens est que la province avait obtenu la première tranche de la riposte de 250 000 dollars de la part du Gouvernement Central.
Et le gouverneur de province avait promis une gestion transparente. Aujourd’hui, les congolais d’une manière générale, exige au Dr. Muyembe de respecter le principe de redevabilité en disant clairement comment a-t-il géré les fonds obtenus de la riposte contre la Covid-19.

Des conséquences néfastes
Une riposte qui n’a pas le soutien de la population est vouée à l’échec, disait pendant Ebola un responsable du Bureau Régional de l’OMS en visite à Goma. Le manque de transparence, le manque d’écoute, l’annonce tardive parfois illogique des données renforcent la méfiance entre les équipes de riposte et les communautés qui développeront par la suite trois comportements désavantageux aux activités de riposte.
Malgré le danger de la maladie les populations hésiteront à observer les mesures barrières, c’est (la réticence communautaire) ; les gens peuvent aussi refuser sans justification aucune de collaborer avec les équipes de riposte, c’est le (refus communautaire) ; et lorsque la méfiance est plus criante les populations peuvent se soulever contre les équipes de riposte d’une manière violente c’est la « résistance communautaire ».

Signalons les décisions des autorités sanitaires pendant cette épidémie de Covid-19 risquent de nous amener à l’application de ces trois actes anti communication de risques.
Cosmas Mungazi

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