Pendant que certains élus provinciaux sont restés sectorisés, défendant seulement les intérêts de leurs circonscriptions électorales, Jean Paul Lumbulumbu Mutanava, élu du territoire de Lubero, plaide par contre pour tous les territoires de la province dont la ville de Goma.
De cette manière, ce juriste de formation se tape une popularité politique sans précèdent , à Lubero où il mène de temps en temps des actions lors de ses vacances parlementaires, mais aussi à Goma, où il défend mordicus les familles victimes de kidnapping, les étudiants opprimés dans les universités et plusieurs autres personnes n’ayant pas la capacité de prévaloir leurs droits devant la justice.
C’est ainsi que, dimanche 23 aout 2020, Lumbulumbu dans un dialogue de redevabilité devant sa base de Goma a présenté le bilan de sa présence à l’Assemblée Provinciale où il est vice-président, troisième personnalité de la province, selon ses fanes, après le gouverneur et le président de l’Assemblée, son titulaire.
Pendant qu’il s’attendait à s’entretenir avec un nombre réduit, les gens sont venus par millier pour écouter celui qu’ils appellent « la fierté de la province », remplissant ainsi la grande salle de l’institut Majengo, situé dans le quartier Katoyi, commune de Karisimbi, non loin de la Paroisse Notre Dame d’Afrique.
Accompagné des membres de son parti politique « PLD » dont il est fondateur, il se reconnait comme troisième meilleur élu de la ville de Goma, bien que la CENI ne l’ait pas ainsi proclamé, c’est pourquoi il a l’obligation de leur rendre compte.
Cinq prises de parole pour le peuple
Lumbulumbu est connu légalement comme député le 02 mai 2019 et comme président de l’assemblée le 19 mai 2019. Selon lui, dans toutes ses prises de paroles, il rappelle toujours à l’assistance qu’il le fait au nom de la population dont il représente.
C’est ainsi que, le 24 juin dernier, il prend la parole par une motion incidentielle contre l’ICCN et COPEVI qui voulaient non seulement interdire la pêcherie dans le Lac Edouard, mais aussi exiger à toute personne qui a réalisée 18 ans de quitter pour de bon dans ces espaces, les considérant comme aires protégées. Comme l’action parlementaire est par nature collective, tous les députés ont adressé l’annulation de cette décision.
Sa deuxième prise de parole est pour les populations qui ont construit sur le mot-Goma, bien qu’un site touristique. Mais comme ces populations étaient en possession de leurs certificats d’enregistrement octroyés par les services de L’État qui leur demandaient curieusement de déguerpir, Lumbulumbu s’est insurgé contre cette situation qu’il a jugée d’injuste, « car ses concitoyens ne devraient pas être victimes des erreurs de l’administration ». « Art : 84 propriété privée, il faut la protégée », heureusement jusqu’à maintenant ces gens sont là.
Sa troisième prise de parole du 28 décembre 2019, plaide contre le kidnapping de 3 enfants dans le quartier Ndosho. Il s’est sacrifié de faire la décente conjointe avec la police jusqu’à retrouver 44 présumés bandits le 05 janvier 2020, parmi lesquels 5 ont été jugés et 4 condamnés dans une audience foraine devant le stade de l’Unité. Grace à cette action le kidnapping a diminué dans les 18 quartiers de Goma.
Il a également plaidé pour les populations vivant vers la petite barrière, qui devraient être chassées pour la construction des infrastructures transfrontalières, mais grâce à sa plaidoirie la Banque Mondiale et le Gouvernement National comptent les indemniser.
Lumbulumbu a encore plaidé en faveur des commerçants qui revendiquaient le 04 novembre 2019 pour l’ouverture de leurs dépôts fermés pour n’avoir pas payé la « taxe unique annuelle », qui revenait malheureusement à tout moment. Il a ainsi arraché la suspension de cette taxe, l’envoie au conseil d’État de ce texte (taxe unique) pour l’interprétation et l’ouverture des dépôts par l’autorité provinciale.
Comme législateur, Lumbulumbu est initiateur de l’édit portant sur la gratuité de la maternité et protection de la femme enceinte et de l’enfant, qui se trouve sur la table de l’autorité pour approbation.
Le grand défi selon Me Jean Paul Lumbulumbu, c’est la crise sanitaire (Covid-19) qui n’a pas permis aux députés de poser les questions orales aux membres de l’exécutif provincial, mais la plus part de leurs questions étaient écrites avec des résultats escomptés, conclut-il.
Cosmas Mungazi