Justin Mugabe, 26 ans a étudié aux Etats Unis et Othniel Pilipili 25 ans a fait ses hautes études en Angleterre. Ces deux jeunes viennent de mettre en place à Goma, dans la Province du Nord-Kivu une entreprise dénommée : « SillonBlue Technologies », spécialisée dans le développement des logiciels et applications mobiles, en sciences des données et des services de vente en ligne pour connecter les fournisseurs des matériels aux consommateurs des produits. Selon ces jeunes l’objectif est de préparer leurs homologues à la quatrième révolution industrielle et au développement des sciences des données, un domaine non encore exploité dans nos sociétés africaines.
Très unis, ils partagent un même bureau situé au Centre-ville, non loin du bureau communal de Goma en face de la Radio Catholique Maria ; où Justin est le CEO « Directeur Général exécutif » ; pendant qu’Othniel Pilipili est le Président de cette entreprise.
Cependant, ces deux jeunes disent qu’ils sont rentrés au pays pour fournir des solutions numériques aux organisations privées, que publiques où la gestion est encore manuelle, la paperasse avancée et le stockage très bien limité. Ces derniers demandent également aux entreprises ou organisations privées comme publiques d’investir dans les numériques, qui sont moins couteux que le système manuel rependu encore au Pays.
Un parcours scolaire éloquent
Avant d’aller aux Etats-Unis Justin Mugabe a fait ses études primaires et secondaires dans le territoire de Nyiragongo, puis il va s’inscrire à l’ISP-Goma, mais n’avait pas fini même une année et ira à Kigali pour se spécialiser en Anglais pendant une année où il décrochera une bourse de l’université de Californie aux Etats Unis d’Amérique.
De 2015 en 2019, 5 ans après, il obtiendra son diplôme supérieur en Mathématiques et finances, c’est ainsi qu’il sera spécialisé en « Investment Banking et Risk Management depuis Pitzer Collège, membre des Collèges de Claremont à Los Angeles, USA ».
Othinel Pilipili quant à lui a été aux écoles primaires : « Aigle Pécheur, Virunga Quartier », il obtiendra son diplôme en techniques sociales à l’Institut Tupendane et passera moins de deux mois à l’Institut Superieur d’Informatique de Gestion « ISIG /Goma et à l’ISTA.
Avant d’aller en Angleterre, Othniel a été dans une Université Sud-Africaine et dans une autre aux îles Maurice, et se spécialisera en « business Management en Angleterre a Glasgow Caledonian University », mais subira également des formations autodidactiques solides en ingénierie informatique, intelligence artificielle et ingénierie des systèmes.
Un objectif commun
Ce qui inquiète plus d’une personne à Goma est que ces deux jeunes entrepreneurs ont laissé toutes leurs opportunités aux États-Unis et en Angleterre où ils ont étudié et avaient leurs occupations rassurantes.
« Les conditions de vie étaient acceptables, en dehors de la bourse on gagnait valablement la vie car on pouvait travailler jusqu’à quatre-vingt (80) heures par semaine. Vivre dans ces conditions on ne pouvait plus songer à réaliser un projet. Et on resterait là-bas en train de blâmer le leadership du pays sans avoir proposé des solutions aux problèmes », raconte Justin Mugabe.
C’est pourquoi ajoute Othniel, « revenir au Congo c’est un résultat des motivations. Car il y a une différence entre une vie de succès et une vie de signification ». La chose la plus importante pour lui, est de produire sur base de ce qu’il a appris et non de vivre en train de consommer seul à l’étranger. De 2018 à nos jours, Sillon Technologies leur entreprise produit des effets très positifs dans la ville de Goma.
Des impacts visibles
SillonBlue Technologies a commencé lorsqu’ils étaient encore à l’école, « on avait recruté un personnel qui mettait déjà la structure en place », témoignent-ils. Ils indiquent également que, la plus grande expérience est d’apprendre aux autres les choses qu’ils ont ramenées de l’étranger. C’est ce que Othniel appelle « produire au lieu de consommer seul ».
Déjà ils emploient 23 de leurs homologues jeunes à Goma, ce qui compte pour eux, c’est l’expertise ramenée de l’étranger qui va profiter à toute la population du pays. Ils témoignent que plus de 200 grands commerçants du Nord-Kivu profitent de leur technicité lorsqu’ils vendent déjà leurs produits en ligne, sous un système éduqué qui tient compte des besoins des consommateurs.
De la même manière plus de 20 organisations nationales et internationales ont adopté leur plateforme, par le nouveau système d’archivage.
Le souci pour ces jeunes est de numériser toutes activités car selon eux, ailleurs tout est numérisé et la traçabilité est possible. « Notre retour au pays entre dans le cadre de créer de l’impact heureusement certaines personnes à Goma commencent à comprendre ».
Demande aux autorités
Changer le système manuel au numérique n’est pas une chose facile. Ces jeunes pensent que « l’on ne fait pas une chose parce que c’est facile, mais on le fait parce que c’est nécessaire ».
C’est pourquoi ces deux jeunes demandent l’implication des autorités à tous les niveaux de leur faciliter le climat des affaires. En leur donnant des subventions ou supprimant certaines taxes ou encore en les suivant jusqu’à ce qu’ils aient un certain chiffre d’affaires.
Car le plus grand défi pour les jeunes entrepreneurs c’est d’être taxé sur les chiffres d’affaires qui ne leur appartiennent pas, étant aux débuts de leurs activités.
Cosmas Mungazi
Ces jeunes sont intéressants, nous devrions d’ailleurs intéresser nos étudiants à orienter aussi leurs recherches dans le domaine du numérique. Parcourez aussi mon livre »l’ere du numérique dans l’administration des organisations. Pouvez vous me mettre en contact avec ces jeunes.