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Les militaires de Kalengera disent NON aux conflits fonciers, tout en s’impliquant à la protection de la Faune et Flore Sauvages

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Kalengera est une localité située au pied du Parc National de Virunga, proches des frontières Congolo-Rwandaises à une soixantaine de kilomètres de Goma dans le territoire de Rutshuru, en Province du Nord-Kivu.

C’est ici où la délégation de « l’Alerte Congolaise pour l’Environnement et le Droit de l’Homme, (ACEDH) », composée de quatre personnes, accompagnées d’un colonel de la direction provinciale de l’Armée du Nord-Kivu a débarqué à Kalengera vers 9 heures de ce 29 mars 2021. Une fois sur le lieu de l’evenement, ils ont été accueillis par les militaires enthousiasmés pour écouter les messages pour la protection de l’environnement.

La cérémonie va commencer par la présentation d’une boite à images montrant les militaires qui tuent et se partagent la viande d’un animal tué dans une brousse comme celle du parc.

Le premier à prendre la parole c’est le colonel venu de Goma qui explique la boite à images en disant autrement que, « les animaux se trouvant dans le parc génèrent des recettes qui entrent dans le trésor public qui font plusieurs dépenses au pays, dont la paie de notre solde, l’achat des tenues… et donc ce ne sont pas des animaux à tuer malgré la circonstance ».

Ce colonel insiste sur le message principal apporté à tous les militaires travaillant autour du Parc National de Virunga. « Le message que nous vous avons amené est que les militaires protègent les animaux du parc. Celui qui sera appréhendé, sera arrêté. Que vos chefs ne vous induisent pas en erreur en vous envoyant d’aller abattre des animaux dans le parc car vous serez sévèrement sanctionné une fois tombé dans le filet de la justice ».

Renforcer le message
Pour inciter les militaires à abandonner ces mauvaises pratiques, le modérateur du jour qu’est le colonel venu de Goma demande à un des militaires de lire lui-même l’article 5 du code de conduites des militaires stipulant que, « le militaire doit veiller à la protection de son environnement, il doit lutter contre les actes de la pollution de la nature de destruction de la faune et de la flore, de l’élimination des espèces rares ».

Prenant la parole, Me. Olivier Ndoole, Secrétaire Exécutif de l’ACEDH, cette organisation travaillant pour la protection de l’environnement et prône la gestion foncière rationnelle encourage les militaires qui travaillent pour la sécurisation du territoire tout en leur demandant aussi de travailler pour la protection de leurs forêts et leurs espèces naturelles sauvages.

Pour ACEDH ajoute-Me. Olivier, « au-delà de vous remercier nous vous demandons de vous impliquer dans la protection de l’environnement ; mais aussi de limiter votre implication dans les affaires des conflits fonciers. Car il a été constaté à tort ou à raison que, les plus nantis font recours aux militaires pour gérer les conflits fonciers qui pourtant sont à la base des plusieurs autres conflits vers les communautés locales et autour du parc.

Notre appel aux militaires est de jouer votre rôle de la défense nationale, mais aussi de se mettre à l’écart aux conflits fonciers qui sont gérés par les juridictions civiles. Votre attitude sera une grande sensibilisation envers les populations qui vous feront confiance par la suite ».

Autres interventions

Notre armée a beaucoup d’exigences pour que les militaires soient professionnels interpelle ses interlocuteurs à Kalengera, Me. Bruno Wasakundi, membre de l’ACEDH. « Les militaires ont l’obligation de protéger les lois du pays. Ils ont également l’obligation de connaitre les différentes dispositions des lois. Dans le cas d’espèces, les militaires n’ont pas le rôle de couper les arbres du parc ni de tuer les animaux ».

D’ailleurs plusieurs militaires sont arrêtés à l’auditorat pour avoir coupé un arbre ou avoir abattu un animal, conclu Me. Eric Kambale, un autre membre de l’ACEDH. C’est pourquoi il indique que, « un militaire qui tue un animal du parc peut être condamné jusqu’à cinq de certitude pénale ». Vue l’importance de cet evenement, les militaires ont demandé d’un coté à l’ACEDH de multiplier ces séances de sensibilisations à tous les militaires œuvrant autour du Parc, mais aussi à l’ICCN de renforcer la collaboration entre militaires et les Ecogardes qui ont presque la même mission celle de protéger les écosystèmes.
Cosmas Mungazi

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