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Nord-Kivu : Difficile application des mesures barrières contre la covid-19 dans les milieux de détention

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La CVPD, cette organisation de la société civile ayant son siège social à Goma en province du Nord-Kivu vient de mettre à la disposition du public les résultats de sa recherche réalisée en décembre dernier insistant sur l’impact de la covid-19 et les droits des détenus dans leur lieu carcéral dans la ville de Goma, les territoires de Masisi, Nyiragongo et Rutshuru en province du Nord-Kivu. Dans cette recherche, il est démontré globalement que, « dans les milieux de détention, (cachots, amigos, pour ne pas parler des prisons), les mesures barrières contre le coronavirus n’ont pas été appliquées scrupuleusement selon l’esprit des décisions prises par le chef de l’État et les autorités sanitaires.

Bien que le port de cache-nez, le lave-mains, la distanciation sociale, la prise de température pouvaient être exigées comme mesures de protection, certains détenus témoignent que le relâchement de l’application des mesures barrières dans les milieux carcéraux est manifeste. Cela suite à la surpopulation des personnes détenues proportionnellement à l’espace disponible, souvent trop petit. La Prison Centrale de Goma, (Munzenze) avait été construite pour une capacité de 150 à 300 détenus, elle regorge actuellement plus de 2 000 personnes. Selon leurs témoignages, les détenus restent les uns sur les autres dans une promiscuité favorable à la propagation de toute maladie contagieuse dont la Covid-19.
D’ailleurs, un Me avocat au Barreau de Goma avait refusé d’entrer dans le cachot de la commune de Karisimbi, lorsqu’il avait été capturé se promenant sans cache-nez. Même les détenus ou prisonniers devaient avoir leurs droits surtout pendant cette période de l’épidémie dans leur milieu de détention, justifie le fondement de sa recherche, « la CVPD ».

Les principaux problèmes dans le milieu carcéral

Pour diminuer à la surpopulation dans le milieu carcéral en RDC, le Président de la République avait instruit une mesure de désengorgement des lieux de détention pendant cette période de Covid-19. Cependant cette mesure n’a pas été exécutée disent 80% des enquêtés soit 16 sur les 20 personnes interrogées dans cette recherche. Alors qu’une seule personne sur les 20 soit 5% des enquêtés déclarent qu’à Goma 208 personnes ont été libérées de la prison de Munzenze grâce à ces mesures. Et que, les 15 % ont donné des réponses variées selon lesquelles, les détenus libérés n’étaient pas ceux qui devraient l’être, car la majorité seraient des bandits qui avaient semé la terreur dans la ville. C’est pourquoi ils étaient capturés à nouveau pour être ramener dans la prison.

Les détenus disent également qu’ils n’ont pas d’eau pour se laver les mains pendant que la maladie est contagieuse, moins de mesures nécessaires prises une fois en contact de : larmes, la salive ou des crachats d’une personne infectée. Mais aussi, malgré la surpopulation des détenus, il n’y a pas eu de désengorgement en bonne et due forme, les soins médicaux sont aussi presqu’inexistants, la promiscuité et l’inaccessibilité à l’eau de manière permanente renforcent la vie difficile des détenus dans ces milieux de détention. A part ce qui précède, certains détenus disent que, « le non-respect de la distanciation physique leur expose de plus en plus à la maladie de coronavirus. Dans la prison témoignent-ils, il est difficile de respecter la distanciation sociale, c’est pourquoi, il y a grand risque d’être contaminé. Pour les détenus, à cause de la Covid-19, « les audiences étaient également suspendues, on ne faisait que nous condamner sans être entendu. »

De grandes recommandations pour les détenus

Pour se prévenir à l’épidémie de coronavirus et d’autres maladies les détenus demandent aux autorités à travers cette recherche de disposer les matériels de protection contre les épidémies comme les cache-nez, les gants de protection, de l’eau pour se laver les mains dans les milieux carcéraux. Mais aussi de désengorger logiquement les milieux de détention qui ne cessent de gonfler du jour au jour, et pourtant, la distanciation sociale est exigée.

Comme dans plusieurs cachots, il n’y a pas de toilettes, car le petit besoin est fait sur les murs, les détenus demandent de songer à leur logement car disent-ils, « ils dorment comme des animaux ». Comme actuellement, la situation serait encore très aggravée par la Pandémie à Corona Virus (COVID-19). Des mesures devaient être prises par les autorités provinciales non seulement pour le respect des droits de l’homme en général mais surtout pour mettre ces milliers de personnes à l’abri de cette grave maladie. Si des mesures ne sont pas prises, le pire est à craindre, vue l’ampleur de la propagation.

Car pendant la réalisation de cette recherche, la CVPD a enregistré 8 cas de corona virus à la prison centrale de Munzenze, heureusement pris en charge et guéris selon le ministère provincial de la justice et Droits humains.
Signalons par ailleurs que, cette recherche s’est adressée à 112 personnes dont 46 détenus, 39 acteurs judiciaires, gestionnaires des lieux de détention et 27 activistes des droits humains et acteurs de la société civile.
Cosmas Mungazi

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