Sept jours à la prison Centrale de Goma : suite à un malentendu sur les réseaux sociaux

Papy Okito Teme, éditeur du journal « ECHO D’OPINIONS », qui parait à Goma depuis 2008 a été arrêté le 16 mars dernier, transféré le lendemain à la Prison Centrale de Munzenze puis relâché après 7 jours, donc le 22 mars 2020. Bien connu pour sa plume sévère et son esprit critique, deux grandes qualités du journalisme qui le conduisent pour la deuxième fois dans la prison de Munzenze.

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Papy a été poursuivi par le parquet de Grande Instance de Goma suite à sa publication  sur Facebook, en Novembre 2019. Sur sa page, il avait posté une publication disant : «  qu’un homme d’affaires de Goma serait impliqué dans  le trafic des armes des guerres  vers la partie nord de la province », selon certaines révélations dont il avait sciemment tues  les noms car « on ne brule pas sa source », s’expliquait-t-il.

 

Dans ses discussions avec ses amis,  Madame Nelly Lumbulumbu, alors activiste de droit de l’homme, actuelle membre du bureau d’études au Gouvernorat de province et épouse du vice président de l’Assemblée Provinciale, lui dira : « même si tu mets cette information  au conditionnel, un bon journaliste doit prouver ce qu’il écrit. Où sont les preuves ? »

 

Cette phrase n’avait pas enchanté notre confrère, qui riposta contre  la dame en disant de : « fermer sa bouche, sinon il allait exposer ses bêtises sur les réseaux sociaux ».              Selon NELLY, Papy l’avait encore appelée lui proférant des injures si elle continuait sur ce dossier. C’est ainsi qu’elle va déposer une plainte  contre Papy depuis Décembre 2019 au parquet de grande instance de Goma, pour son honneur et décourager la pratique.

 

Arrêté  dans les enceintes du Gouvernorat

De Décembre 2019 au 16 mars 2020, Papy était recherché par les OPJ du parquet de Grande instance de Goma. Selon leur dire, ils arrivaient chez lui à 05 Heures voire même à 20 heures, mais Papy était toujours absent. Il passerait certaines nuits à la MONUSCO pour se réfugier. Il sera arrêté dans les enceintes du gouvernorat de province, où travaille actuellement la plaignante, lorsque le gouverneur allait recevoir la plateforme des éditeurs du Nord-Kivu, lundi, 16 Mars 2020.

 

Avant   son arrestation, les groupes des éditeurs l’ont accompagné chez le procureur, qui les a reçus en leur disant par surprise que, « le premier journaliste qu’il a connu à Goma c’est Papy. Mais il a reçu la plainte de Madame Nelly Lumbulumbu depuis trois mois. Voulant lui-même faire la médiation, Papy  était toujours invisible ». Madame Nelly  ne devrait pas le faire arrêter si : Papy lui avait déjà demandé pardon devant ses amis journalistes, ou  avait envoyé sa femme  chez Nelly pour qu’elles en discutent, mais aussi si  l’UNPC l’avait déjà puni. C’est pourquoi, elle a profité de la présence de Papy dans les enceintes du Gouvernorat, racontait  Nelly lors de nos négociations.

 

La bonté de Nelly

Mardi le 17 mars, la femme de Papy, accompagnée de ses deux fils, élèves à l’école Maman MULEZI et de trois éditeurs se sont rendus très tôt matin rencontrer madame NELLY Lumbulumbu à son domicile à Himbi.Apres cette conversation, les deux dames se sont réconciliées car celle de Papy a demandé pardon plus d’une fois au nom de son mari.

En réponse Nelly déclare : «  Je pardonne ton mari parce que tu es ma grande sœur ».       Car elles étaient toutes  d’une même communauté « KONGO ». Plusieurs personnes se sont plaintes  de l’arrestation de Papy après avoir demandé pardon publiquement et après que sa plaignante ait déjà pardonné en demandant seulement, 100 FC comme dommage et intérêt pour son honneur souillé sur les réseaux sociaux. Dans les négociations, le procureur disait, « même après le désengagement de la plaignante, le Ministère Public  peut se saisir du dossier ». Pour qu’il soit libre Papy devrait payer, 1500 $, suite à ses bonnes relations avec les autorités judiciaires, il donnera 500 $.

 

 

La méchanceté  du monde

A part  son arrestation, un des enfants de Papy a été kidnappé, pendant que sa maman était dans les négociations pour  la libération de son mari, qui était dans la prison Centrale de Munzenze. Le plus grand malheur de Papy  est d’avoir de problèmes avec la famille LUMBULUMBU, ancien avocat des opprimés avant qu’il soit vice président de l’Assemblée.

C’est  d’ailleurs lui qui l’avait défendu dans son dossier avec Bahati Lukwebo, ancien ministre national du plan dans son titre : « enrichissement illicite de Bahati Lukwebo », article qui lui avait encore couté la prison.

 

Une autre situation malheureuse pour Papy c’est être emprisonné pour une publication sur les réseaux sociaux, pas dans un media, pendant que la loi est encore distraite sur les publications en ligne.  Mais aussi la corporation, l’UNPC menaçait le punir après avoir  subi la force de la loi. Ce dernier de sa sortie de la prison a remercié tout le monde pour sa libération et demande  de lui remettre son enfant  kidnappé.

Cosmas Mungazi Kakola  

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